La calligraphie vietnamienne - 1ere partie

1ère partie : l'écriture vietnamienne

 

histoire de la calligraphie vietnamienne

Les origines

Il est dit dans les traités de calligraphie que le fait d'écrire un caractère doit impliquer au préalable de se le représenter mentalement et de se remémorer sa forme avant sa réalisation sur le papier. Dès sa genèse, l'écriture telle que pratiquée dans le monde sinisé relèvera ainsi autant de l'art que de la notation simplement informative. Or, avant même de servir de support à l'écriture, la carapace de tortue était un support divinatoire. Faut-il voir dans cette confluence du mystère de la création/divination et de la persistance mémorielle du support originel le statut si particulier de la calligraphie en Extrême-Orient ?

La chose écrite est intimement associée à la tortue (con rùa, en vietnamien) qui s'en fait le symbole. Sa carapace ronde par-dessus, plate par dessous, figure le ciel et la terre. Lors de certains rituels, ayant subi la pointe rougie au feu, la carapace se craquelait, dessinant des lignes que les devins interprétaient. Supposée vivre 1 000 ans, elle incarne aussi la longévité, c'est pour cette raison qu'on en fait un support de stèle : celle-ci recevra en quelque sorte la faculté de longue vie et de stabilité dégagée par la tortue. Une telle configuration s'observe très facilement au Temple de la littérature, à Hanoi.

La licorne, ou cheval-dragon (long mã, en vietnamien), symbolise aussi la naissance de l'écriture. Selon la légende, le roi Phục Hi découvrit sur cet animal les points qui lui permirent d'inventer les signes avec lesquels il écrivit le fameux Y King, tout comme il avait découvert auparavant une série de points arrangés en lignes sur la carapace d'une tortue flottant à la surface de l'eau. Cette association de signes, carrés chez la tortue et ronds pour la licorne – la terre et le ciel – composait le tableau magique souvent présent sur les façades des riches Vietnamiens.

Ecritures du vietnamien : caractères chinois et caractères latins

Trois pays (la Corée, le Japon et le Viet Nam) orbitant autour de la civilisation chinoise ont aussi adopté son écriture pour transcrire leur langue. Mais pour chacun, il a fallu adapter l'écriture à une langue autre que celle pour laquelle elle avait été inventée, ce qui les a amenés à adopter au fil du temps un autre type d'écriture, palliant aux difficultés de l'utilisation des caractères chinois. D'où une coexistence, particulière à chaque pays, entre plusieurs types d'écriture. Pour ce qui est de l'écriture vietnamienne, on dénote deux influences majeures :

L'influence chinoise : L'histoire des relations entre le Viet Nam et son encombrant voisin du Nord est pour le moins tumultueuse et conflictuelle. Dès l'époque des Royaumes combattants, (5ème-3ème siècle avant notre ère), le Nam Viet (à peu près la moitié nord de l'actuel Viet Nam) doit se frotter au commerce chinois avant d'être annexé à l'empire du Milieu en 111 avant notre ère. Rebaptisé An Nam (= Sud pacifié), il ne retrouve son indépendance qu'en 939. Mais même après cette date, qu'on l'appelle Dai Viet ou finalement, Viet Nam, le pays sera toujours plus ou moins sous l'influence chinoise, culturellement et commercialement.

L'influence française : Dans la seconde moitié du 19ème siècle, la France attaque le Viet Nam et le place sous sa dépendance, en le divisant administrativement en trois entités baptisées Tonkin, Annam et Cochinchine, les deux premières ayant le statut de protectorat et la troisième de colonie. Les autorités coloniales entendent bien y réduire l'influence de la Chine au profit de la leur, tandis que les mouvements nationalistes qui se développent dans la première moitié du 20ème (soit après une centaine d'années d'occupation française) démontrent violemment qu'ils ne veulent ni de l'un ni de l'autre.

En 1954, la victoire des Vietnamiens sur l'armée française à Dien Bien Phu sonne le glas de la présence coloniale en Indochine, mais l'indépendance ne sera proclamée que le 30 avril 1975 – après trente ans de combats contre l'occupation française et de guerre contre les américains sous les présidences de Kennedy, Johnson et Nixon.

Trois écritures pour une langue : La première est très logiquement l'écriture du chinois (prononcé à la vietnamienne), on l'appelle : chu nho – "écriture des lettrés". Parallèlement, se développe l'écriture du vietnamien (chu nom – "écriture du Sud"). Utilisée pour des œuvres littéraires, cette écriture n'a jamais eu de caractère officiel (sans jeu de mot), d'autant que pour la maitriser, il fallait une excellente connaissance du chinois, ce qui la réservait à une élite. Et enfin, sous l'occupation française et son désir d'émancipation du chinois, le (chu) quoc ngu et son alphabet latin prend la place. Résultat de l'immense travail de jésuites pendant des siècles, cette écriture généralisée après 1945 est la seule utilisée aujourd'hui pour écrire la langue vietnamienne. Le quoc ngu se caractérise par des signes diacritiques indiquant le son à prononcer. Ainsi, les différentes écritures que nous venons d'évoquer s'écrivent en fait :  chữ nho, chữ nôm et (Chữ) quốc ngữ. Cette écriture a été élaborée par des missionnaires portugais, puis compilée et codifiée par un jésuite originaire d'Avignon : Alexandre de Rhodes. Il publie à Rome en 1651 le premier dictionnaire vietnamien-latin-portugais. Ce système de transcription avait pour les missionnaires catholiques une finalité bien pratique : traduire et la diffuser aussi facilement que possible la propagande religieuse, ce à quoi le quoc ngu est resté cantonné pendant très longtemps. Il a fallu les colons français et leur volonté de détacher le Viet Nam de l'influence chinoise et ainsi mener à bien leur "mission civilisatrice", pour que l'utilisation du quoc ngu soit imposée en 1910 pour tous les documents publics.

Fin de la première partie. Notez que Vietnam Original Travel, notre partenaire, propose dans certains de ses programmes une initiation à la callgraphie vietnamienne. N'hésitez pas à le contacter, si vous êtes interressé !

 

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